L’annonce récente du Premier ministre concernant une baisse prochaine du prix de l’électricité a été largement saluée. Cette mesure est d’autant plus bienvenue que les prévisions météorologiques annoncent un hiver chaud, conséquence directe du dérèglement climatique. Or, une hausse des températures se traduira inévitablement par une augmentation de la consommation énergétique et, par ricochet, de la facture des ménages.

Toutefois, pour l’ingénieur spécialiste des questions énergétiques Mbaye Hadj, l’analyse des coûts révèle que la marge de manœuvre est limitée à court terme.

Comme le souligne Mbaye Hadj, le coût final de l’électricité est déterminé par plusieurs variables complexes : le mode de production utilisé (thermique, solaire, hydraulique, etc.) ; le coût des combustibles fossiles nécessaires ; le réseau de transport et de distribution ; et, enfin, les taxes et redevances appliquées par l’État.

Selon l’expert, il est illusoire d’attendre des changements structurels majeurs dans l’immédiat. Le secteur énergétique est caractérisé par une forte inertie : « Construire de nouvelles centrales prend des mois, voire des années ; mettre en place un réseau intelligent (smart grid) capable d’optimiser la distribution demande également du temps et des investissements lourds. »

En d’autres termes, agir sur le mix énergétique (modes de production) ou sur le réseau (transport et distribution) nécessite un engagement à long terme.

Dès lors, l’ingénieur Mbaye Hadj en conclut que le gouvernement ne dispose que d’une seule solution pour alléger rapidement la facture des consommateurs : « Le seul levier immédiat dont dispose le gouvernement pour alléger la facture reste la réduction des taxes et prélèvements appliqués par l’État sur le prix de l’électricité. »

Auteur: Awa Diop
Publié le: Mardi 28 Octobre 2025

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