La scène politique sénégalaise traverse une période charnière où une question essentielle s’impose : la politique est-elle encore guidée par le civisme ou glisse-t-elle de plus en plus vers l’opportunisme ?
Depuis quelques années, le pays assiste à une recomposition constante des alliances, des coalitions et des fidélités politiques. Les changements brusques de position, les retournements spectaculaires et l’instrumentalisation des causes populaires interrogent. Beaucoup de Sénégalais se demandent si l’engagement politique reste motivé par l’intérêt général ou s’il devient un simple moyen d’accéder à des privilèges, des postes, ou une proximité avec le pouvoir.
Pourtant, le civisme politique existe bel et bien. Il s’exprime à travers ces militants, ces élus locaux et ces citoyens engagés qui défendent des valeurs, des principes et une vision durable pour le pays. On le retrouve dans les mobilisations pacifiques, la participation croissante des jeunes, ou encore dans la volonté d’assainir la gouvernance publique.
Face à eux, l’opportunisme politique gagne du terrain. Les transhumances répétées, les ambitions personnelles mal dissimulées et l’absence de lignes idéologiques claires fragilisent la confiance entre dirigeants et population. La politique devient parfois un terrain où chacun cherche à « tirer son épingle du jeu » plutôt qu’à servir la Nation.
Aujourd’hui, un débat s’impose :
Comment restaurer le civisme dans la pratique politique ?
Cela passe par une culture de la responsabilité, une transparence accrue, une éducation civique renforcée et un engagement sincère des acteurs à mettre l’intérêt national au-dessus des calculs partisans.
Le Sénégal, fort de son histoire démocratique, a les ressources humaines et sociales pour faire prévaloir le civisme sur l’opportunisme. Mais cela dépendra du choix collectif des leaders… et des citoyens.


